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mercredi 8 avril 2015

UN JOUR ORDINAIRE SUR PARIS GRANVILLE...

Train n° 3443 du Samedi 4 avril : Paris-Granville


D
épart initialement prévu à 16h55

« Forcément, ils ont supprimé 10 voitures...»
« Je crois que je vais acheter une bagnole. » soupire un habitué du Paris-Granville. Il faut dire que dans cet inter-compartiment de l'intercités 3443, nous sommes 20 à nous entasser. 20 personnes et deux chiens, sur environ 4m2. Les 5 autres voitures sont également pleines à craquer, à tel point qu'il est impossible d'en fermer les portes, clouant le train à quai. Dans cet espace exigu, seule une dame d'environ 70 ans a pu s'assoir, du bout des fesses, sur un strapontin. Pourtant elle aussi avait acheté son billet à l'avance, et réservé sa place. Problème : bon nombre de passagers ont des réservations pour des places... inexistantes. « Forcément, ils ont supprimé 10 voitures... » lance en passant un chef de quai. Mauvaise appréciation ? Mesure d'économie ? Sur son site infoligne, la SNCF se défausse en évoquant « une affluence exceptionnelle de voyageurs ». La faute aux usagers en quelque sorte... Pendant une demi-heure le personnel impuissant applique une stratégie qu'on pourrait appeler "du pourrissement" : pas d'initiative, ne rien faire qu'attendre. Bien joué ! La compression de certains et le renoncement d'autres passagers faisant, les portes enfin se ferment, le train s'ébranle...
« Merci monsieur Pépi »
D'emblée, les messages préenregistrés souhaitant la « bienvenue à bord de l'intercités etc...» soulèvent des rires nerveux tant ils paraissent déplacés. Mais c'est sans conteste au chef de train que revient la palme du surréalisme : « En dépit de mon devoir de réserve, annonce-t-il quelques 20 minutes après notre départ, j'invite tous les voyageurs à envoyer un courrier à notre cher président : monsieur Pépy. » Un homme d'une quarantaine d'années qui voyage avec sa fille, jack-russel sous le bras, ironise : « Je ne sais pas qui c'est ce monsieur Pépy mais il assure. Mettre 600 personnes dans un train pour 300, on peut lui faire confiance pour réaliser des économies ». Sa fille demande : « Comment ça s'écrit Pépy ? » « Avec un "i" je crois », répond un passager. Et la petite fille de commencer à dessiner « merci monsieur Pépi » sur une tablette numérique, ce qui ne manque pas d'amuser autour d'elle. Et puis, dans un virage un peu brusque, une valise tombe lourdement sur une jeune-fille assise devant les toilettes, une passagère est précipitée sur les genoux de la septuagénaire, les chiens se battent, les gens se raccrochent à ce qu'ils peuvent ou flanchent comme autant de dominos. La fatigue et l'énervement commencent à se faire sentir... Nous ne sommes pas encore à l'Aigle. Pour les moins chanceux il reste deux heures de trajet.

Sonnez, les cloches !

Après la contre-performance record d'un Régiolis ayant mis 7h30 (contre 4 habituellement) à rallier la cité manchoise lundi 2 mars dernier, voici donc un nouveau coup d'éclat du Paris-Granville. Cette fois nul déboire mécanique, mais un problème interne à la SNCF qui cette année encore découvre que Pâques tombe à Pâques... De quoi irriter un peu plus les usagers. Une contrariété qui aura tôt fait de retomber sous l'action conjuguée d'un gigot dominical et de quelques flageolets, se dit peut-être la SNCF, puisqu'elle n'a pas jugé bon de s'excuser des conditions déplorables dans lesquelles ont voyagé ses usagers. C'est pourtant du ressenti de cette cuisante expérience qu'il convient de trouver l'étincelle d'une mobilisation. Car seule une action collective pourra faire bouger sinon les lignes, du moins la ligne. Une grève massive du billet à l'occasion des pont de mai ?
D. R.

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