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vendredi 11 février 2011

Compte-rendu

COMPTE-RENDU:

La semaine a été un peu chargée. Voilà de quoi occuper votre longue soirée de cette fin d'hiver. Pardon, encore, c'est très très long, mais je pense qu'il est important que chacun sache ce qui se passe, préalablement à notre réunion du 19 février…

 

Mardi matin, 8 février, rencontre à Argentan avec M. Morel, Mme Le Pifre-Meyer et M. Fanger, chargés des transports ferroviaires au Conseil régional de Basse-Normandie (CRBN).

M. Morel me confirme que les trains Intercités Paris-Granville sont désormais des Trains pour l'équilibre du territoire (TET), directement pris en charge par le ministère des transports qui devient dont l'Autorité organisatrice (AO). Une équipe (5 personnes) a été mise en place au ministère mais le responsable n'est pas encore vraiment nommé. Tout devrait se préciser dans la semaine… Les TET regroupent les Intercités, les Teoz et les Luna (trains de nuit).

Au sujet des lignes « malades » évoquées par M. Pepy il y a une quinzaine de jours, celui-ci a souligné, la semaine dernière lors d'une visite à Caen que, bien qu'elle n'apparaisse pas dans la liste publiée, Paris-Granville est et sera traitée comme une ligne « malade » au même titre que les 12 autres lignes. La seule différence est qu'il considère que nos problèmes à nous sont déjà en cours de résolution puisque le plan « Réagir » a été mis en place il y a un an et a apporté des améliorations…

Le contrat TET avec l'Etat est signé pour 3 ans (jusqu'à 2014). Ensuite, il y aura probablement appel d'offres (donc très certainement privatisation car il est peu plausible que la SNCF se porte repreneuse de notre ligne dont elle rêve de se débarrasser depuis si longtemps…).

Des discussions sont encore en cours entre la Région et l'Etat au sujet des rames qui ont été commandées et doivent être livrées en 2013 (des « Régiolis » d'Alstom). C'est la Région qui les paie mais c'est l'Etat qui va les utiliser pour redorer le blason de la ligne… Les tractations au niveau du coût que chacun va supporter sont très compliquées (la Région a déboursé 160 millions d'euros pour l'achat des nouveaux trains, plus 20 millions pour l'installation de l'atelier de maintenance à Granville ; une convention avait été signée l'an dernier avec la SNCF pour 20 ans, au titre de laquelle la SNCF acceptait de supporter le déficit de 8 millions annuels sur cette durée, soit 160 millions d'euros ; l'Etat doit donc compenser mais auprès de qui et à quel niveau puisque la Région et la SNCF supportent chacune à peu près la même charge ?…)

Voilà pour les négociations en hautes sphères. Concrètement, l'Etat a garanti que les 5 allers-retours quotidiens de Paris à Granville seraient maintenus. La priorité sera donné à l'amélioration de la régulation du trafic.

M. Morel souligne les particularités de la ligne Paris-Granville : c'est une ligne difficile, dont l'état des voies est à surveiller (RFF), avec des trains plus légers que ceux qui circulaient autrefois, d'où les secousses plutôt violentes que nous subissons. Mais cette question est complexe : les Alstom 72500 que nous avons depuis plus de 10 ans pèsent moins de 17 tonnes pour permettre une vitesse de circulation qui peut aller jusqu'à 160 km/h. Si l'on mettait des trains plus lourds sur la ligne (les Corails pesaient 22 tonnes), on serait limités à 140 km/h et nous perdrions donc beaucoup de temps sur la totalité de la ligne…

Les Régiolis attendus pour 2013 sont, assure Mme Le Pifre-Meyer, parfaitement conformes au cahier des charges qui a été présenté par la Région. Aussi bien en termes de solidité, de confort que de capacité d'accueil.

S'agissant du nouveau cadencement pour 2012, c'est une opération qui s'effectue au niveau national. Les propositions que nous avons reçues émanent de la direction de Montparnasse et toutes les lignes qui y sont accueillies vont y être soumises. Il faut cependant savoir que cette proposition est un PROJET et que, un certain nombre de régions étant hostiles à ce nouveau cadencement, peut-être qu'il ne verra finalement  pas le jour. En attendant, mieux vaut tout de même donner notre avis pour défendre notre « sillon » sur Montparnasse… Je vous conseille de vous reporter au tableau que je vous ai fait suivre, pour avis, la semaine dernière (message du 9 février). Juste pour information, le CRBN semble plutôt pencher pour le Scénario 1 (qu'ils avaient un peu contesté au début, ce qui a poussé la RAF à proposer le 2e scénario ; mais celui-ci se révélant bien pire, ils ont proposé une 3e solution qui ne semble pas meilleure car, faisant partir les trains beaucoup plus tôt, elle empêcherait les correspondances à Argentan… En gros, le décallage du TER visait à lui faire faire des arrêts en Ile-de-France, afin de supprimer un train de banlieue, ce qui aurait permis d'avancer un peu l'heure d'arrivée du 3410. Mais d'une part, cela aurait impliqué un départ beaucoup plus tôt des TER et, d'autre part, ajouter les passagers d'un train de banlieue dans les rames du TER déjà très remplies, c'est impossible…).

Voilà, en gros, ce qui s'est dit lors de cette rencontre.

 

Jeudi 10 février, réunion à Caen, sur invitation de Mme Armelle Le Hire, directrice SNCF des lignes normandes, en présence de M. Thierry Chapelle, responsable production de la ligne Paris-Granville. Etaient représentées les associations suivantes : UFC Que Choisir, UFCS Familles rurales, Consommateurs CGT 61, CLCN, les Usagers du Pays d'Argentan, les Usagers de Bernay et l'association Avenir de Verneuil-sur-Avre… et nous, bien sûr (si j'en ai oublié, qu'ils m'excusent…)

A noter : sur les 3 heures de réunion, la plus grande partie a été consacrée à la ligne Paris-Granville…

M. Chapelle fait le point sur la régularité des Paris-Granville en 2010. Selon lui, il y a eu globalement une amélioration, mais elle doit être temporisées :

-         de janvier à avril : mise en place du plan Réagir. Tout ne fonctionne pas encore, il y a donc des hauts et des bas (mon commentaire : plus de bas que de hauts…) ;

-         de mai à octobre : le plan Réagir porte ses fruits, la régularité atteint les 90 %, ce qui ne s'était jamais vu sur la ligne, selon M. Chapelle (c'est vrai que, tous, avions constaté un mieux) ; mais

-         en novembre et décembre : les résultats sont très mauvais et font baisser de beaucoup la moyenne (problèmes de pluie avec inondations, de feuilles mortes, de neige…). Mais M. Chapelle souligne que tous les trains ont circulé (pas d'annulation).

Lorsque je lui fais remarquer que nos statistiques à nous sont sensiblement différentes, Mme Le Hire intervient pour expliquer comment se fait leur comptage : les mesures sont prises par des balises (GPS) en gare de départ et d'arrivée des trains, et sont automatiquement remontées sur un système informatique (sorte de « boîte noire ») auquel personne ne peut toucher (pas de possibilité de « bidouillage »). Les seules informations apportées par une main humaine sont les causes des retards. Elle confirme que les trains supprimés ne sont pas pris en compte, mais pour elle, en 2010, seuls 4 trains ont été supprimés du fait d'une défection de la SNCF. Les trains dont la suppression est programmée pour cause de travaux ne sont pas non plus pris en compte dans le décompte (même si leur suppression peut poser de sérieux problèmes aux usagers).

M. Chapelle reprend la parole pour nous donner son pourcentage de régularité pour janvier 2011. Selon lui, il serait de 84,7 %. Je lui souligne que le pourcentage qui ressort de notre pointage à nous est de 76,7 %. Il me demande comment sont faites nos mesures, sur quels trains. A lieu alors une grande discussion (les autres lignes partagent notre point de vue) sur le nombre de trains en retard et le ressenti par la clientèle (puisque nous sommes maintenant des clients et non plus des usagers…). En fait, les problèmes et les retards affectent le plus souvent les trains les plus fréquentés (les province-Paris du matin et les Paris-province du soir). Ce sont des heures de pointe, les trains sont pleins, et donc plus sensibles. Donc, même s'ils n'affectent pas forcément tous les trains, les retards sont subis par beaucoup de personnes. Mais la SNCF ne semble pas raisonner de la même façon que nous… Mme Le Hire nous promet cependant que les trains « de pointe » seront plus suivis car plus sensibles, sachant qu'un problème en horaire de pointe est toujours plus difficile à régler car il subit « l'effet papillon » : un problème sur une ligne provoque un problème sur une autre ligne qui en provoque sur d'autres lignes, etc. D'autant que le Réseau Ile-de-France est saturé. Elle admet quand même qu'effectivement, sur les trains de pointe, les résultats sont moins bons (perte de 2 à 5 ou 6 % de régularité).

Autre point abordé : la communication en interne au niveau des trains (entre le conducteur et les contrôleurs) lors des incidents. Elle est quasi inexistante car la Basse-Normandie n'a pas le réseau GSM partout… Mme Le Hire souligne toutefois que sur toute la ligne Paris-Granville existe depuis 8 mois une « base assistance », un outil d'information en temps réel, dans toutes les gares, qui peuvent donc informer les passagers en attente.

Sur le problème de secousses/tangage de plus en plus souvent remarqué et dangereux, Mme Le Hire assure que RFF a prévu des travaux sur la ligne en 2011.

M. Chapelle aborde ensuite la question de la conformité de la composition des trains aux engagements pris par la SNCF. Pour lui, 95 % des Paris-Granville étaient conformes à ce qui avait été promis. On lui rappelle que, plusieurs fois, sur des horaires particulièrement chargés, des trains ont été mis en circulation avec un nombre insuffisant de rames, alors que sur des périodes creuses, circulent parfois des trains très longs et quasiment vides. Des usagers de la ligne Paris-Caen-Cherbourg soulignent que, eux, ont parfois été maltraités et même empêchés de monter dans certains trains, trop chargés… Mais Mme Le Hire souligne que, d'une part, nos trains étant sans réservation obligatoire, il est impossible de savoir avec précision le nombre de passagers qui y monteront et, d'autre part, le flux des trains étant gérés selon un planning établi des mois à l'avance, il suffit qu'il y ait un incident technique sur un des trains pendant la semaine pour que la mise en circulation sur les plages horaires chargées soit perturbée. (Tout ça m'avait déjà été dit par Mme Putcrabey, il y a 15 jours…) M. Chapelle assure que sur les périodes très chargées (grands week-ends, fêtes ou congés), tout le matériel disponible est sur les rails.

Au niveau de la responsabilité des incidents sur le trafic, Mme Le Hire impute ces incidents, à peu près à égalité entre :

-         la SNCF elle-même (problème de personnel ou de matériel),

-         l'infrastructure (RFF, régions), et

-         les éléments extérieurs (incivilités, personnes ou animaux sur les voies, feuilles mortes). Les incidents récents sur les Paris-Granville sont dus à des éléments extérieurs… Au sujet des feuilles mortes, Mme Le Hire assure que le CRBN et toutes les communes riveraines sont sensibilisés à l'urgence d'entretenir les clôtures et d'élaguer les zones proches de voies. Mais ils ne font pas toujours le nécessaire…

Lorsqu'est abordé le problème des prix des billets, que beaucoup d'associations trouvent trop élevés, Mme Le Hire souligne qu'il existe beaucoup de tarifs (tarifs promotionnels, cartes, abonnements, prims, etc…), mais selon elle, le prix des billets de train augmente beaucoup moins que les autres services car la SNCF ne répercute pas toutes les augmentations qu'elle subit (prix de l'électricité ou du fuel)…

 

A noter, pour information (nous ne sommes pas les seuls à souffrir des carences de la SNCF) :

La ligne Paris-Caen-Cherbourg (PCC) a, elle aussi, de gros problèmes : l'année 2010 a été particulièrement mauvaise tant sur la régularité des trains que sur leur composition. Cela est dû à des infrastructures vieillissantes et à des travaux importants sur la ligne. La direction de la ligne travaille avec la direction « infrastructure » pour limiter les dégâts.

PCC bénéficie d'un plan « Impulsion » (l'équivalent de notre plan Réagir) qui va concerner l'élagage des arbres le long des voies, la révision des clôtures, le contrôle des rails, la sensibilisation des riverains, la prévention du phénomène de patinage à l'automne, le respect de la conformité de la composition des trains, la préparation des trains et l'information en gare et à bord. Grosso modo, c'est à peu près les mêmes mesures qui avaient été listées pour nous l'année dernière et qui, selon Mme Le Hire, sont pratiquement toutes mises en œuvre sur la ligne Paris-Granville…

Concernant le remplacement des corails qui circulent sur le PCC (ils seront « radiés » en 2015), il coûtera 210 millions d'euros (175 millions seront payés par la SNCF et 35 millions par une taxe sur les autoroutes) et devrait en faire une ligne pérenne…

 

En résumé, pour les deux lignes, l'Autorité organisatrice est désormais le Direction générale des infrastructures du transport et de la mer (DGITM), en cours d'organisation au ministère des transports. La ministre est Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, le secrétaire d'Etat délégué au transport ferroviaire est M. Thierry Mariani. Un audit externe des lignes a été demandé par la DGITM. Les résultats en seront publiés prochainement.

Enfin, une précision est apportée sur les Régiolis commandés pour la ligne Paris-Granville : ce ne sont pas des trains sortis du chapeau juste pour nous. Plus de 140 rames ont été commandées au total par l'Association des Régions de France et seront réparties sur tout les pays (nous en auront une petite vingtaine).

Une dernière fois, la question d'un dédommagement pour les désagréments subis depuis l'automne est soulevée par plusieurs associations, à laquelle Mme Le Hire répond, imperturbable, NON, il n'en est pas question puisque tout s'est amélioré cette année…

Anne Roulier

 


3 commentaires:

Anonyme a dit…

les 72500 pèsent moins de 17t à l'essieu, faut préciser ! car le matériel tout entier pèse 161 tonnes.
merci pour toutes ces infos.
sinon la stabilité de ce matériel n'est pas du à son poids (une voiture corail de l'époque pèse moins lourd qu'une caisse de 72500 ! pourtant ça bougeait beaucoup moins), mais surtout du à ses suspensions et à la voie qui sont usées.

Anonyme a dit…

de plus les voitures corail pesaient bien plus lourd que 22tonnes. où avez-vous eu ces infos erronnées ??

Benoit a dit…

Bonjour,
Concernant la ligne paris caen cherbourg, quel matériel allons-nous avoir en 2015 ?
Rien ne vaut et ne vaudra le confort des voitures corails. Remplaçons les anciennes locos par des nouvelles, sans changer les voitures voyageurs. Je sens bien une régression à l'avenir...